Beaucoup d’officines vendent une partie de leur libre-service moins cher qu’internet — sans le savoir. Ce n’est pas une stratégie : c’est une érosion silencieuse, centime par centime, référence par référence. Voici le mécanisme, ce qu’il pèse, et la méthode pour détecter vos références sous-pricées.
Pourquoi votre officine vend parfois moins cher qu’internet
Le scénario, tout titulaire l’a vécu. Le prix de vente d’un produit est fixé le jour où sa fiche est créée dans le LGO, avec une marge correcte. Puis la vie commerciale passe : hausse tarifaire du fournisseur au 1er janvier, fin d’une condition d’achat, changement de grossiste. Le prix d’achat a bougé — la fiche, elle, n’a jamais été retouchée.
Sur une référence, c’est anecdotique. Sur des milliers de fiches accumulées au fil des années — dermocosmétique, conseil, accessoires —, c’est structurel : une partie du rayon travaille avec la marge d’il y a cinq ans, et quelques références passent même sous les prix pratiqués en ligne. Le paradoxe est cruel : on craint d’être « trop cher », et on brade sans le vouloir.
Le contexte 2026-2027 aggrave l’enjeu. Sur le remboursable, les leviers se ferment : la remise générique reste plafonnée à 40 % — désormais inscrite dans la loi — alors que les prix chutent, avec plus de 2 300 baisses de prix publiées en janvier 2026. La marge qui se défend encore librement est celle du conseil et du libre-service. C’est précisément celle que l’érosion des prix de vente abîme en silence.
L’effet cumulé : ce que pèsent 30 centimes
Prenons l’arithmétique la plus simple, en hypothèse d’école. Une officine gère couramment plusieurs milliers de références actives hors remboursable — disons 4 000. Supposons qu’un travail de fond permette de corriger ces prix de 0,30 € en moyenne, là où c’est justifié, avec une rotation moyenne d’une unité par mois et par référence.
Le calcul tient sur un ticket de caisse : 0,30 € × 4 000 références × 12 ventes par an = 14 400 € de marge supplémentaire. Sans un client de plus, sans une heure d’ouverture de plus, sans un euro d’achat de plus — et souvent en restant sous le prix du concurrent d’à côté.
L’hypothèse est volontairement prudente : les corrections ne portent pas uniformément sur tout le catalogue, mais elles dépassent souvent largement les 30 centimes sur les fiches oubliées depuis des années. Et l’inverse est tout aussi vrai : chaque mois où ces prix restent en l’état, la même somme s’évapore. Le sous-pricing n’est pas un manque à gagner théorique, c’est une fuite en cours.
Personne ne le fait — et c’est normal
Si ce chantier rapportait autant en étant simple, tout le monde l’aurait fait. Il se heurte à un mur : le temps. Retoucher 4 000 fiches, en vérifiant pour chacune le prix d’achat net actuel, le positionnement local et la cohérence de gamme, représente des dizaines d’heures — que le titulaire n’a pas, pris entre le comptoir, l’équipe et l’administratif.
S’ajoute la peur du client : « si j’augmente, il ira ailleurs ». L’expérience montre le contraire pour des corrections fines : quelques dizaines de centimes sur un produit conseil ne déclenchent pas de comparaison, surtout quand le prix reste dans le marché. Un patient ne quitte pas une officine pour 30 centimes ; il la quitte pour un mauvais accueil ou une rupture à répétition.
Le sous-pricing n’est donc pas une faute de gestion : c’est un problème d’outillage et de méthode. Il se traite comme tel.
Détecter ses références sous-pricées : la méthode en cinq points
Inutile de reprendre les 4 000 fiches d’un coup. Le rendement est dans le tri.
- Extraire le top des ventes. Sortez de votre LGO les 300 à 500 meilleures ventes hors remboursable : prix d’achat net actuel, prix de vente TTC, quantités vendues sur douze mois.
- Calculer la marge par référence. Classez par taux de marge croissant. Les anomalies sautent aux yeux : des rotations fortes dont la marge est très inférieure à celle de leur famille.
- Croiser avec les dates. Pour les marges anormalement basses, comparez la date de dernière modification du prix de vente avec celle de la dernière hausse tarifaire du fournisseur. Un prix inchangé depuis des années est presque toujours un prix faux.
- Vérifier le marché. Pour les vingt références les plus sensibles, contrôlez les prix pratiqués en ligne et localement. Vous découvrirez souvent que votre « prix prudent » est déjà sous le marché — la correction est alors indolore.
- Corriger par vagues, puis instituer la revue. D’abord le top des rotations, où se concentre l’essentiel du gain ; puis une règle simple : chaque hausse tarifaire fournisseur déclenche l’examen des prix de vente concernés.
Du rattrapage au pilotage
La méthode fonctionne — à condition de la mener réellement, régulièrement, et de savoir arbitrer les cas ambigus : jusqu’où monter, quels prix d’appel sanctuariser, comment tenir la cohérence de gamme. C’est là qu’un regard extérieur pèse. Chez SupraPharm, le coaching SupraPilot — quatre rendez-vous par an sur l’assortiment, le pricing et les indicateurs — fait du pricing l’un des premiers leviers examinés, parce que c’est souvent le plus rapide à convertir en résultat. Chez les adhérents qui appliquent les recommandations, la démarche représente de l’ordre de 20 000 € de gains dès la première année. Le service, d’une valeur de 800 €/mois, est inclus dans la formule Performance.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma pharmacie vend moins cher qu’internet ?
Extrayez vos 300 à 500 meilleures ventes hors remboursable avec la marge par référence, puis comparez les prix des références les plus sensibles avec ceux pratiqués en ligne. Les produits dont le prix de vente n’a pas été retouché depuis plusieurs années sont les premiers candidats au sous-pricing.
À quelle fréquence faut-il revoir ses prix de vente en officine ?
À chaque hausse tarifaire fournisseur pour les références concernées, et au minimum une fois par trimestre pour le top des rotations. Un prix de vente figé pendant que le prix d’achat évolue, c’est une marge qui se dégrade mécaniquement, mois après mois.
Qu’est-ce que SupraPilot ?
Le service de coaching officinal de SupraPharm : quatre rendez-vous par an d’analyse de la pharmacie (assortiment, pricing, indicateurs), suivis d’actions correctrices simples et mesurables. Chez les adhérents qui appliquent les conseils, la démarche représente de l’ordre de 20 000 € de gains dès la première année. Valeur : 800 €/mois, inclus dans la formule Performance.
Sources
- Le Moniteur des pharmacies — remise générique plafonnée à 40 % (inscrite dans la loi) et plus de 2 300 baisses de prix publiées en janvier 2026.
- Chiffres réseau SupraPharm : gains SupraPilot de l’ordre de 20 000 € dès la première année, constatés chez les adhérents appliquant les recommandations.
Pour mesurer ce que votre officine laisse filer : la calculette « Calculer mon gain en 2 min » — ou laissez vos coordonnées, un interlocuteur SupraPharm vous rappelle.